Edito

Alors que la cuvette Grenobloise asphyxiée jusqu’à l’invisibilité s’enrhume des frimats de l’hiver, nous voici malgré tout en 2017. La neige tombe derrière les vitres du bureau. Un point d’interrogation apparaît au dessus denos têtes : 2017 ? … Non ? Le disque dur de nos mémoires déjà chargées clignote de toutes ses ampoules et valide l’information : le Pot au Noir a 20 ans , tout va commencer !
Nous terminions l’année précédente un brin fatigués et nous voilà quelques semaines plus tard avec une furieuse envie de continuer ! Je ne ferais pas la longue liste des histoires que nous avons traversées, et comment avec quelques uns au printemps 1997 nous nous sommes dit : tiens, si on demande aux vaches de bien vouloir sortir, que l’on enlève le fumier et que nous faisons quelques menus travaux sur cette grange en voie de disparition, on peut rêver un lieu de création artistique.
Je ne m’étendrais pas sur tout ce que nous avons appris en mettant en œuvre ce projet. Vous trouverez dans ce Carnet des remerciements chaleureux à de nombreuses, nombreuses personnes, compagnons de routes à des fonctions diverses.
Certains sont encore là au sein de l’Association, d’autres ne sont jamais très loin et d’autres encore sont partis à jamais et nous manquent.
Un mouvement naturel de retour sur cette aventure singulière nous suspend à des souvenirs joyeux, d’autres plus cocasses révèlent les risques inconsidérés que nous prenions, forts de notre insouciance. Cette année durant la Fête ou au détour d’un spectacle, nous vous raconterons ces anecdotes qui petit à petit ont cimenté notre pugnacité. Il ne s’agissait pas d’une Utopie puisque nous l’avons fait ! Et oui : un lieu d’expression, un lieu de paroles, un lieu de découverte où l’altérité se nourrit d’une curiosité partagée. Rien que cela ... Le combat continue pour faire entendre la nécessité de tels lieux et aujourd’hui, on ne peut que se féliciter que les territoires, ici en Trièves mais aussi bien au-delà, au niveau national voient se multiplier ce type d’initiative.

Proposer de l’espace pour redonner du temps de création, de recherche, d’élaboration de la proposition artistique, accompagner des cheminements, demeurer réactifs sur les projets, être à l’écoute du poème, du jaillissement, voici les principaux fondements de notre action auxquels nous travaillons vaille que vaille. Alors aujourd’hui, le Pot au Noir c’est quoi ?
C’est un Atelier de Fabrique Artistique qui s’associe avec quatre compagnies tout en continuant à accueillir une multitude de sollicitations, c’est une Scène Ressource Territoriale qui dialogue et construit avec de nombreuses structures, c’est une Association (à laquelle on peut toujours adhérer !) qui réféchit encore et encore sa mutation et qui se dote d’une nouvelle équipe administrative. C’est enfn une Quincaillerie !

Oui une quincaillerie qui lance un appel au quincailler qu’il y a en chacun de vous au sens où vous voudriez faire du théâtre avec des gens de théâtre.
Dont le métier consiste essentiellement comme le dit S.Valletti à « mettre les choses à l’endroit où il faut qu’elles soient. Ranger. Ordonner. Déplacer. Reranger. Trier. Choisir. Sélectionner. Rejeter. Ce n’est que cela : un travail de quincaillier ».

Il s’agit donc d’une invitation à venir nous rejoindre et à suivre de près.
Le présent est derrière cette page.
Ne demandez pas le programme, vous l’avez !

Bien à vous et à tout de suite.

Valère Bertrand (Un des fondateurs)